Pour la petite histoire...

D’où vient l’omnibus ?

Quelle est l’histoire de l’omnibus ?
Comment est né l’un des plus anciens modes de transport urbain collectif dont l’ambition était d’être accessible à toutes les classes sociales qui peuplaient les grandes villes du XIXe siècle ?

STANISLAS BAUDRY ET LES OMNIBUS DE NANTES EN 1825

Après la Restauration, Stanislas Baudry, colonel d’Empire en demi-solde à Nantes, met en service une minoterie à vapeur à Richebourg, dans les faubourgs de Nantes. Il a l’idée d’utiliser l’eau chaude, sous-produit de sa minoterie, pour créer et ouvrir des bains-douches publics. Mais aucun client ne se présente. Baudry pense que son établissement de bains est trop éloigné du centre. Il met à la disposition des Nantais un moyen de transport pour venir à Richebourg. Il établit donc une navette avec une voiture à cheval. 

Le succès est immédiat mais pas là où il était attendu : si les voitures sont pleines au départ de Nantes, les bains-douches restent vides. Les Nantais utilisaient ces voitures pour se déplacer... Sans hésiter, Baudry ferme ses bains et sa minoterie et crée un réseau d’omnibus à Nantes.

L’appellation "OMNIBUS" provient de ce que les voitures de Baudry stationnaient à Nantes devant la boutique d’un chapelier nommé OMNES qui, jouant sur la latinité de son patronyme, avait une enseigne "OMNES OMNIBUS" (littéralement : "Omnes, pour tous"). Les usagers des voitures prirent l’habitude de dire qu’ils prenaient l’omnibus. C’est ainsi que ces voitures "pour tous" devinrent des omnibus.
 
LE DÉVELOPPEMENT DES OMNIBUS À CHEVAUX  
 
En 1828, Stanislas Baudry se rend à Paris où il crée l’Entreprise Générale des Omnibus qui exploite un réseau de dix lignes d’omnibus avec succès. Des compagnies concurrentes telles que les Dames Blanches, les Favorites ou les Citadines suivirent rapidement. Un trajet en omnibus coûte 25 centimes quelle que soit la longueur du trajet. Il était destiné aux classes laborieuses, comme l’a précisé Baudry dans sa demande de concession.
C’est l’époque où, révélé par l’expérience nantaise, le besoin de transports urbains connait une explosion sans précédent avec les migrations paysannes vers la ville. Des entrepreneurs profitant d’une économie basée sur le libéralisme et la libre entreprise, créent des sociétés d’omnibus qui se font une concurrence acharnée sur les lignes des centres urbains les plus rentables et délaissent la desserte des faubourgs. En 1836, on dénombre à Paris 17 compagnies et 378 voitures.

 Après l’avénement du Second Empire, la situation devenant ingérable, le Baron Haussman, Préfet de La Seine, décide de la fusion des entreprises, qui est effective en 1855. Le monopole des transports par omnibus dans Paris intra-muros est confié à la Compagnie Générale des Omnibus (CGO) pour une durée de trente ans. Ce monopole permet enfin une organisation rationnelle sur la base d’un cahier des charges établi par la ville.


L’histoire des transports dans les villes de Province est semblable à celle de Paris, avec l’apparition des omnibus au Havre (1832), à Lyon (1837), Marseille (vers 1840), Bordeaux (1854), Toulouse (1863) mais aussi à Londres et à New York.

(Aventure de l’omnibus racontée par le Musée des Transports Urbains de Chelles (77) - www.amtuir.org)